Si les religions n’arrivent pas à un certain œcuménisme et défendent leur Vérité comme absolue, alors le monde est promis à une guerre éternelle. Si elles pensent au contraire que chacune possède des valeurs à conserver, alors qu’elles s’en tiennent à elles, à celles qui leur sont communes et représentent un héritage de l’humanité.
Il n'y a aucune instance au-dessus de la raison. Si la vérité des doctrines religieuses est dépendante d'une expérience vécue intérieure qui témoigne de cette vérité, que faire des nombreux hommes qui n'ont pas vécu une expérience si rare ? On peut réclamer de tous les hommes qu'ils appliquent le don de la raison qui est en leur possession, mais on ne peut édifier un devoir valable pour tous sur un motif qui n'existe que chez un très petit nombre.
Croyez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux qui la trouvent."
On dit que la vérité embête l'homme et il est juste qu'elle l'embête, parce qu'elle n'est pas gaie. Le mensonge, le mythe, la religion sont bien plus consolants. Il est plus agréable de se figurer le génie sous la forme d'une langue de feu que de le voir une névrose.
[A propos du darwinisme] La stratégie de l'Eglise va, dès lors, être toujours la même : opposition à la découverte scientifique trop dérangeante, puis compromis, c'est-à-dire absorption de la nouvelle vérité dans celle plus large et première de la parole sacrée. Il suffit d'un peu d'ingéniosité et de beaucoup d'élasticité intellectuelle pour adapter une découverte au dogme par l'alchimie de l'interprétation.