Les hommes ont toujours aimé se prosterner. L'homme moderne a la passion de l'égalité. Contradiction que le culte de la vedette déjoue brillamment. Il se prosternera, mais devant sa propre image. Rien d'étonnant à ce que les vedettes échappent à toutes les règles de la vie ne société. C'est à lui-même que le public accorde le droit d'être irresponsable, par procuration, ce sont ses propres caprices qu'il assouvit en imagination
L'homme est prêt à croire à tout, pourvu qu'on le lui dise avec mystère. Qui veut être cru doit parler bas.
Dès lors que l'homme en cours de croissance remarque qu'il est voué à rester toujours un enfant, qu'il ne peut se passer de protection contre les surpuissances étrangères, il confère à celles-ci les traits de la figure paternelle, il se crée des dieux dont il a peur, qu'il cherche à se gagner et auxquels il transfère néanmoins le soin de sa protection.
Nombreux sont ceux qui confondent mysticisme et spiritualité, et qui croient que l'homme ne peut que ramper, si la religion ne le soulève; qui croient que seule la religion peut empêcher l'homme de ramper.
Dans la perspective de ce nouveau royaume qui n'est plus que d'ici-bas, l'homme, qui est en même temps matière, vie et conscience, l'homme, enfin libéré de l'illusion post mortem et devenu libre, donc responsable de ses choix, a à assumer un devenir terrestre, à se réaliser dans le présent d'une existence pluridimensionnelle. L'homme et son bonheur ont remplacé Dieu et l'espérance en l'au-delà comme fondements de la morale