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C’est le 23 Septembre 1930 qu’est né Raymond Charles Robinson dans la ville d’Albany en Georgie aux Etats-Unis. Il est le 1er enfant d’Aretha et de Baily Robinson, la famille verra ensuite la naissance de George et évoluera dans un contexte marqué par la ségrégation et la pauvreté. Pour subvenir aux besoins de sa famille, le père travaille avec acharnement ce qui l’oblige à rester éloigné de sa maison et c’est son épouse qui se chargera essentiellement de l’éducation des enfants. Cette dernière est blanchisseuse à domicile et tente tant bien que mal à concilier son rôle de mère et son travail.

La famille part ensuite s’installer en Floride où Raymond découvre le piano grâce à un proche voisin qui va lui donner un avant goût pour la Musique. Mais un évènement terrible dans la vie de la famille Robinson va avoir lieu puisqu’en 1935, Raymond assiste à la mort de son jeune frère George qui se noie après être tombé accidentellement dans une lessiveuse. Ce n’est que des années plus tard que l’artiste confiera être éternellement marqué par ce drame qui a certainement influencé l’homme dans certaines de ces décisions.

Les malheurs du futur crooner ne s’arrêtent pas là puisque quelques mois plus tard il souffre d’un glaucome qui se développe à grande vitesse et qui va le condamner à devenir aveugle.
Malgré cet handicap, sa mère n’entend pas faire de son fils une victime et n’aura de cesse de l’encourager à affronter sa cécité et de ne pas s’apitoyer sur son sort. C’est pour cette raison qu’elle l’inscrit à l’école de Saint Augustine spécialisée pour les enfants aveugles et Raymond doit quitter le foyer familial. Une décision qui sera marquante puisque c’est là bas qu’il va véritablement épanouir sa passion musicale en apprenant à jouer de plusieurs instruments comme le piano, l’orgue, le saxophone ou encore la trompette.

En 1945, Il perd sa mère et ce nouveau drame le convainc de quitter l’école pour se lancer sur les routes et se consacrer à la musique. Il tente ainsi sa chance dans différentes villes et c’est seulement 2 ans plus tard, en 1947, qu’il va s’installer à Seattle où il va créer sa première formation de Jazz : le Maximtrio. Il fera également la connaissance du jeune Quincy Jones qui deviendra l’un de ses plus fidèles amis et collaborateurs.

Le succès d’estime de sa formation et surtout le talent naissant de Raymond vont lui permettre d’enregistrer un premier album Confession Blues avec la maison de disque Swingtime. Mais pour se construire une véritable carrière, il lui faut un nom que l’on puisse retenir facilement et ainsi est né Ray Charles ! En 1951, il entre de nouveau en studio pour le titre Baby, let me hold your hand qui se révèle un véritable triomphe, il est désormais sur les chemins de la gloire. Le potentiel de ce jeune musicien ne passe pas inaperçu puisque la maison de disque Atlantic Records va vite le repérer et racheter son contrat à Swingtime en 1952.

L’association entre Ray et Atlantic Records sera déterminante pour sa carrière puisqu’il bénéficiera d’une totale liberté dans ses créations. D’ailleurs, le premier grand tube ne tarde pas à apparaître en 1954 avec I got a woman qui mélange subtilement les rythmes du Blues et du Gospel. Ce titre n’est cependant pas accueilli favorablement par les puritains qui voient en Ray Charles un profanateur. Toutrefois, cela n’empêchera pas le succès de se confirmer avec des titres comme Hallelujah I love her so, Drown in my own tears, This little girl of mine, the right time et surtout What’d I say

En novembre 1959, il décide de quitter sa maison de disque pour se diriger vers ABC Paramount où il espère trouver les moyens d’élargir son public. Les 3 années qui suivent voient fleurir des titres comme Georgia on my mind, Hit the road Jack, I can’t stop loving you …. De plus, en signant son contrat Ray a réussit à obtenir l’intégralité des droits sur ses créations ce qui lui garantit des recettes considérables qu’il ne tardera pas à investir. 1961 voit donc émerger la société Ray Charles Enterprises et il en profite pour construire ses bureaux et son studio d’enregistrement à Los Angeles.

Il continue à affoler les charts américains avec One mint Julep, Unchain my heart et You are my sunshine. Malgré tout si dans sa vie professionnelle il est en plein succès, sa vie privée lui réserve quelques désagréments. Ray Charles reste un homme avec ses forces et ses faiblesses et il va rencontrer une période difficile en raison de sa dépendance à la drogue. Cela faisait déjà quelques années que le chanteur s’était réfugié dans l’héroïne et il s’est laissé enfermer par le piège. Mais ce n’est qu’en 1964 qu’il ouvrira réellement les yeux à la suite de son arrestation à Boston en possession de marijuana et d’héroïne.

A partir de ce moment là, il décidera d’entrer en cure de désintoxication l’année suivante qui s’avérera décisive puisqu’il abandonne définitivement la drogue. Il refait surface progressivement à partir de 1966 avec tout d’abord le titre Let’s go get stoned puis suivent d’autres titres au succès plus mesuré. Il semble en effet que l’age d’or du chanteur arrive à son terme et sa carrière va connaître un certain ralentissement mais elle ne s’efface pas pour autant.

1979 sera une année importante. Tout d’abord, pour l’anecdote, il fera une apparition sympathique dans le film Blues Brothers et surtout sa chanson Georgia on my mind devient l’hymne officiel de l’Etat de Georgie. Quelques années auparavant, alors qu’il devait jouer en Georgie, il avait décidé d’annuler sa tournée dans cet Etat pour manifester contre le climat de racisme qui s’y propageait. Cet acte lui avait alors valu de se voir interdit d’entrée sur le territoire et le fait que sa chanson en devienne désormais l’hymne est un véritable symbole pour le chanteur mais aussi pour l’humanité toute entière.

En 1985, il participera avec de nombreux autres artistes au titre We are the world afin de récolter des fonds financiers pour l’association USA for Africa. Dorénavant The Genius comme aiment à le désigner ses confrères et ses fans, va essentiellement se consacrer aux concerts à travers le monde entier. Cela lui vaudra l’honneur de se faire décorer du titre de Chevalier des arts & lettres en 1984 par Jack Lang puis d’une médaille d’or pour les arts par le président Bill Clinton. Le 22 Mai 2003, il fête son 10 000ème concert dans la ville de Los Angeles.

Le 10 Juin 2004, Ray Charles nous quittait à l’age de 73 ans en laissant derrière lui de nombreux hits planétaires, une carrière immense et complète et nous laisse une image d’un homme passionné par la musique, qui a su se battre contre toutes les difficultés de la vie.
Pour lui rendre un dernier hommage, les Grammy Awards lui ont accordé 5 récompenses qui viennent s’ajouter aux précédentes. De même, précisons que le film Ray sorti il y a quelques temps avec Jamie Foxx s’est fait avec la collaboration de l’artiste mais cela n’en reste pas moins un hommage à ce grand homme.




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